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Michel Vergaelen

Apprécions le Borinage et sa région

michel vergaelen

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Aime tout ce qui est nature et esprit
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July 06

Article sur la Province du 6 juillet 2009

Vergaelen Michel.pdf  

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vergaelen.michel@hotmail.com
August 15

Morts Conjointes 1 - Vergaelen Michel

Frameries se réveille au son des moteurs des camions qui viennent s'approvisionner en charbon dans les nombreux charbonnages qui en assurent l'extraction jour et nuit. La guerre a ruiné le pays, les dirigeants comptent sur l'industrie minière pour sortir le pays de ses difficultés et le reconstruire. Les profits engrangés grâce à la présence de nos colons au Congo Belge n'y suffisent pas!


Déjà le soleil éclaire les façades des corons exposées à l'orient. Contrastes de lumière, dur et sans nuances, comme les habitants de ce Borinage.


Dans un rythme mécanique stupide, les feux de circulation passent du vert au rouge et du rouge au vert, menant la danse des véhicules qui semblent y prendre du plaisir.


La fraîcheur de l'air, venue des campagnes environnantes, se tarit sous le joug du soleil qui domine et décide soudain d'imposer son ambiance. En mai, fais ce qu'il te plaît! Maître Soleil en a fait son adage. Il le choisit pratiquement tous les ans pour se faire les rayons en première intensité et gare aux intempéries qui tenteront de venir perturber ses intentions! Après la pluie viendra toujours le beau temps!


De la campagne ne vient pas seulement la fraîcheur de l'air. S'y associent les parfums de la terre et tout ce qu'elle nourrit.


La bourgade est heureuse en ce temps de retour de la vie dans tout ce qu'elle apporte. L'espoir, la joie et le bonheur dans les moments difficiles qui sont le lot quotidien des petites gens.

April 19

Ostende- Vergaelen

Il se hissa rapidement hors du trou  dans lequel il avait l’impression d’être piégé face aux mouettes qui l’observaient et la mer qui allait l'engloutir. En plus, il était las de ce jeu qui consistait à déplacer du sable qui, de toute manière, lui revenait avec le mouvement de l’eau qui s’était frayé un chemin pour remplir son trou et couvrir ses pieds de boue.

 

Hervé avait chaud. Il se débarrassa de ses vêtements. Il s’avança prudemment dans la mer, brisant les lames en écume.

 

Les vaguelettes léchaient agréablement ses pieds en les débarrassant du sable qui s’y était collé.

 

La mer lui semblait aussi immense que quand il la regardait du trou, à la hauteur de ses petits yeux, mais elle lui semblait maintenant moins menaçante; elle avait acquis la confiance de l’enfant.

 

Il s’était avancé de quelques mètres. Le niveau de l’eau atteignit le bas de ses genoux. Les vagues devenaient un peu plus nerveuses, se lançant quelques centimètres vers le haut, retombant dans un fracas qui lui donnait le vertige mais le grisait.

 

Hervé demeura à hauteur de ces vagues et longea la plage en lançant ses pieds dans l’écume des vagues.

 

Le soleil commençait à se voiler. Peu de gens étaient encore sur la plage.

 

Tout d’un coup, le vent monta. Les nuages foncés, venus d’Angleterre, arrivaient au loin, important la morosité britannique sur la petite Belgique.

 

Il marcha très longtemps, quittant de temps en temps son sillage pour observer ci et là un coquillage ou une étoile de mer. Combien de temps dura cette randonnée? Nul n’aurait pu le dire.

 

February 27

La cueillette des champignons - Vergaelen Michel

Vêtue d'un magnifique costume de cueilleuse de champignons, elle était coiffée d'un petit panier d'osier, plus petit que celui dans lequel elle plaçait sa cueillette. A l'époque, il était de bon ton de se coiffer de telle manière au cas où celui qu'elle portait sous le bras eût été insuffisant pour contenir une récolte abondante.

Elle portait une veste renforcée dans le dos qui lui permettait de passer sous les barbelés sans se déchirer la peau et de parer les coups de cornes de vache, en cas d'attaque bovine par derrière.

Une épaisse jupe de laine couvrait une paire de collants imperméables qui protégeaient les jambes féminines de la fraîcheur de la rosée.

La jeune fille cueillait merveilleusement bien les champignons. Elle les choisissait judicieusement, préférant, comme toute connaisseuse, ceux qui poussaient directement dans le noble caca de cheval.

Hugo stoppa sa quête pour l'observer. La méthode de cueillette des cryptogames était, sans hésitation possible, la méthode académique adoptée par les cueilleurs d'élite.

Elle posait son regard sur l'élu. Elle descendait doucement la main et, délicatement pour ne pas laisser de traces, elle refermait les doigts sur le pied avant et le faisait pivoter d'un quart de tour, pas un millimètre de plus ni de moins, dans le sens des aiguilles d'une montre.

Le champignon s'apercevait qu'il avait affaire avec une connaisseuse et se laissait tomber sans résistance dans la main parfumée de celle dont il allait avoir le court mais immense honneur de combler l'orgueil d'une bonne cueillette.

August 25

Les oeufs?

Je ne maîtrisais pas mon interprétation. Je la subissais !

N’étais-je pas soumis à l’émanation de mon propre esprit, à moi-même ?

Une réflexion sur la situation me décida toutefois à poursuivre la séance pour terminer l’œuvre qui devait être, je l’avais décidé, la première d’une série de paysages désertiques que j’allais associer à des œufs dans des situations particulières, tableaux que j’avais peints pendant la saison précédente. Cette sous-série accordait à l’œuf une place proéminente. Je les transposais dans des paysages surprenants, leur donnant une place qu’ils n’auraient jamais pu occuper sans l’intervention d’un interprète : dans la mer, dans un verger, derrière un portail de l’entrée qui aurait pu être celle d’un domaine viticole ou émergeant d’un océan sous l’apparence de poissons et d’un phare qui veillerait à la justesse de leur destination.  

July 10

la peinture et la mort

Quelques heures auparavant,  j’avais nettoyé la palette sur laquelle avaient séché les mélanges de couleur abandonnés lâchement. J’avais gratté sa surface à l’aide de la petite truelle et terminai mon nettoyage avec un coton imbibé de térébenthine.

 

Après un séchage rapide, j’avais pressé les tubes de peinture nécessaire pour réaliser l’interprétation. J’y ai mis une once de bleu outremer, une petite pointe de noir ivoire, un peu de terre de Sienne et énormément de blanc de zinc.

 

Avant de m’installer devant le chevalet, je pris la décision qui m’était habituelle de placer un disque dans l’appareil de lecture. J’avais choisi d’écouter « Excalibur » de Vangelis. Je puisais une partie de mon inspiration dans la musique. Je choisissais un morceau qui correspondait à la nécessité de l’instant sans qu’un effort de réflexion ne me fût indispensable. Le choix d’écouter une interprétation musicale se faisait automatiquement. Le morceau correspondait à la nécessité du moment sans que je dusse faire une corrélation. Mon effort ne consistait qu’à laisser tomber ma main sur le disque qui serait l’élu pour assurer la bonne marche de l’évènement qui allait prendre cours.

 

J’avais pris l’habitude d’écouter des musiciens tels Mike Oldfield, Pink Floyd et Vangelis pour stimuler mes séances de peinture.

 

Il m’est difficile, voire impossible, de peindre ou d’écrire dans une atmosphère de calme domestique. Cela n’est pas valable en ce qui concerne le calme extérieur de la nature qui est un calme serein, élément indispensable pour l’épanouissement. Le silence, les bruits du silence d’une maison, sont déprimants par leur monotonie et leur effort inutile d’illustration de notre existence qui, sans les piaillements de la nature, est morne et obstacle à toute forme d’expression créative.