michel's profileMichel VergaelenPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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August 15 Morts Conjointes 1 - Vergaelen MichelFrameries se réveille au son des moteurs des camions qui viennent s'approvisionner en charbon dans les nombreux charbonnages qui en assurent l'extraction jour et nuit. La guerre a ruiné le pays, les dirigeants comptent sur l'industrie minière pour sortir le pays de ses difficultés et le reconstruire. Les profits engrangés grâce à la présence de nos colons au Congo Belge n'y suffisent pas!
Déjà le soleil éclaire les façades des corons exposées à l'orient. Contrastes de lumière, dur et sans nuances, comme les habitants de ce Borinage.
Dans un rythme mécanique stupide, les feux de circulation passent du vert au rouge et du rouge au vert, menant la danse des véhicules qui semblent y prendre du plaisir.
La fraîcheur de l'air, venue des campagnes environnantes, se tarit sous le joug du soleil qui domine et décide soudain d'imposer son ambiance. En mai, fais ce qu'il te plaît! Maître Soleil en a fait son adage. Il le choisit pratiquement tous les ans pour se faire les rayons en première intensité et gare aux intempéries qui tenteront de venir perturber ses intentions! Après la pluie viendra toujours le beau temps!
De la campagne ne vient pas seulement la fraîcheur de l'air. S'y associent les parfums de la terre et tout ce qu'elle nourrit.
La bourgade est heureuse en ce temps de retour de la vie dans tout ce qu'elle apporte. L'espoir, la joie et le bonheur dans les moments difficiles qui sont le lot quotidien des petites gens. August 25 Les oeufs?Je ne maîtrisais pas mon interprétation. Je la subissais ! N’étais-je pas soumis à l’émanation de mon propre esprit, à moi-même ? Une réflexion sur la situation me décida toutefois à poursuivre la séance pour terminer l’œuvre qui devait être, je l’avais décidé, la première d’une série de paysages désertiques que j’allais associer à des œufs dans des situations particulières, tableaux que j’avais peints pendant la saison précédente. Cette sous-série accordait à l’œuf une place proéminente. Je les transposais dans des paysages surprenants, leur donnant une place qu’ils n’auraient jamais pu occuper sans l’intervention d’un interprète : dans la mer, dans un verger, derrière un portail de l’entrée qui aurait pu être celle d’un domaine viticole ou émergeant d’un océan sous l’apparence de poissons et d’un phare qui veillerait à la justesse de leur destination. June 26 La peinture et la mort - Vergaelen MichelL’inspiration de ce tableau m’était venue dans un songe dans lequel mission m’avait été donnée de le peindre. A l’époque, d’ailleurs, la plupart de mes tableaux étaient réalisés sur commande. Ils m’apparaissaient en rêve. Il m’était clairement demandé de les réaliser. N’ayant pas de formation dite « artistique », je les reproduisais du mieux que je pouvais, sans respect des règles académiques. Ce jour-là, je terminais donc ce tableau. J’étais occupé à interpréter l’étang, le chemin qui l’entoure, ainsi que la clôture qui le ceint. La séance de travail en question était une reprise, fait qui empêchait une motivation positive. Comme cela m’était arrivé maintes fois au préalable, je m’attendais à un changement en cours de route. Mais, à mon grand désarroi, un sentiment mystérieux m’empêchait de me remettre au travail. De toutes mes forces, je me mis à la combattre, bravant cette perturbation que je prévoyais passagère. A cet obstacle s’ajoutait la sensation aussi étrange qu’une force incontrôlable entraînait mon bras vers le tableau. Je ne pouvais m’en dégager qu’au prix d’un effort très intense, aussi physique que psychologique. Ce phénomène était surprenant, mais surtout très perturbant. Je n’éprouvai dès lors plus le plaisir de peindre. La mission qui m’avait été donnée en songe se concrétisait à la manière d’une photo qui sort de l’appareil photographique. Mon inspiration se concrétisait à la sortie de mon esprit via les poils de mon pinceau sans que ma volonté ne soit sollicitée. C’était du moins la sensation que j’éprouvais. Je ne maîtrisais pas mon interprétation. Je la subissais ! N’étais-je pas soumis à l’émanation de mon propre esprit, à moi-même ? Une réflexion sur la situation me décida toutefois à poursuivre la séance pour terminer l’œuvre qui devait être, je l’avais décidé, la première d’une série de paysages désertiques que j’allais associer à des œufs dans des situations particulières, tableaux que j’avais peints pendant la saison précédente. Cette sous-série accordait à l’œuf une place proéminente. Je les transposais dans des paysages surprenants, leur donnant une place qu’ils n’auraient jamais pu occuper sans l’intervention d’un interprète : dans la mer, dans un verger, derrière un portail de l’entrée qui aurait pu être celle d’un domaine viticole ou émergeant d’un océan sous l’apparence de poissons et d’un phare qui veillerait à la justesse de leur destination. La série de tableaux interprétant la mort de notre monde en le transformant en désert devait rejoindre la renaissance représentée sous forme d’œufs. J’avais en effet mis la charrue avant les bœufs en créant la renaissance avant la mort qui devait nécessairement la précéder ! La mort et le renouveau, rythme de la vie qui mène la danse de l’éternel recommencement ! Envol et réincarnation via l’œuf ! Je terminais l’étang qui avait résisté à la sécheresse quasi générale de ce monde. L’eau, symbole de la vie. Elle précédait l’œuf, dans mon esprit. A quoi servirait donc la naissance d’une vie physique en l’absence d’eau ? J’avais clôturé symboliquement encore cet endroit sacré, le séparant du néant apparent de la mort. |
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